Parentalité / humeur

Et un jour…devenir grand-frère…

devenir grand frère

Alors, Mister R. tu es content de devenir grand-frère ? En ce moment c’est un peu LA question que tout le monde lui pose. Quasiment à chaque visite !

Imaginez-vous que votre mari arrive tout à coup avec une autre femme et qu’il vous dise : “voilà, je te présente ma nouvelle femme, elle va vivre avec nous mais il ne faut pas que tu t’inquiètes. Je vous aime toutes les deux aussi fort.” Heu… Vous lui feriez vivre l’enfer, on est d’accord ? Vous connaissez cette célèbre explication ? Je l’avais lue dans un bouquin, et depuis je me demande si c’est ce que Mister R. ressent lorsqu’il regarde sa petite sœur !

C’était un peu mon gros point d’interrogation… Comment cela allait se passer pour lui ? La séparation lors du séjour à la maternité et les retrouvailles, lui, moi, et mon deuxième amour !

Aujourd’hui, 6 semaines après la naissance de Little Miss E. je vous fais un petit bilan :

J’ai toujours su que Mister R. ne serait pas fils unique et cette deuxième grossesse a toujours été pour nous une évidence. Construire une vie de famille, avec au moins deux enfants a toujours fait partie de nos projets. Lorsque je suis tombée enceinte, nous lui avons très vite annoncé la nouvelle. Nous lui avons expliqué qu’il allait devenir grand-frère, il a regardé mon ventre, il a souri et il est reparti jouer. A deux ans et demi c’est un concept totalement abstrait… Il était content parce qu’il sentait que c’était une bonne nouvelle mais il n’avait aucune idée de ce qui allait se passer ensuite !

A ce moment là, le plus compliqué, c’était MA propre culpabilité :

Je me demandais s’il allait être malheureux, s’il allait m’en vouloir ou même peut-être me rejeter? J’avais un peu l’impression de le trahir en voulant ce deuxième enfant. Je m’imaginais m’occuper de sa petite sœur et le mettre de côté, je me disais que forcément, à certains moments il allait se sentir abandonné, mal-aimé… En tant que “premier” il a tellement été le centre d’attention de toute la famille… L’idée même de faire souffrir mon fils m’était intolérable! Quand les gens lui disaient “chouette tu vas devenir grand-frère” je le voyais sourire et je me disais tristement “le pauvre, il n’a pas idée de ce qui va arriver”… Alors, pendant un moment, je l’ai un peu “bombardé d’amour”, je lui ai lu des livres pour lui répéter encore et encore à quel point je l’aimais et à quel point il aurait toujours la même place au fond de mon cœur. J’ai tellement envoyé d’amour que j’ai fini par me dire qu’il allait trouver ça louche et que finalement j’allais peut-être lui créer des angoisses qu’il n’avait même pas!

Par la suite, petit à petit, j’ai réussi à prendre de la distance, à relativiser. C’est quand même vraiment chouette de devenir le grand-frère de quelqu’un non ?? J’ai moi aussi un petit frère et je ne me suis jamais sentie délaissée. Aujourd’hui, je n’imagine pas ma vie sans lui ! D’une certaine manière, je suis heureuse de pouvoir, à mon tour, lui offrir ce lien fraternel.

Presque 6 semaines après la naissance de Little Miss E. comment se passe la cohabitation ?

Et bien comme tout le reste, cela se passe beaucoup mieux que ce que j’avais imaginé (enfin pour l’instant hein !). Cette angoisse qu’il vive mal la situation était toujours un peu présente à mon retour à la maison. Alors les premiers jours j’étais au taquet, mais genre AU TAQUET : j’ai déployé le peu d’énergie qu’il me restait pour qu’il comprenne que j’étais toujours présente pour lui et pour qu’il se sente heureux. J’en ai fait des caisses. Je lui faisais des chatouilles, je jouais, je lui parlais sans cesse. Au final cela ne faisait pas “naturel” du tout. Mais, je voulais que le message soit clair “maman est là, rien n’a changé”.

Alors qu’en fait si, tout avait changé…

Ce qui a VRAIMENT beaucoup aidé, c’est que la naissance (prématurée) de Little Miss E. est tombée pile poil au début des vacances scolaires et des vacances de son papa. Il a pu rester à la maison avec nous trois semaines (oui du coup ça facilite grandement les choses !!!). En fait, je n’ai pas du tout eu l’impression que nos habitudes étaient bouleversées. Nous prenions nos repas tous les trois. Il y avait toujours l’un de nous deux disponible pour le bain, ou pour le coucher… Et puis il faut dire qu’un nouveau-né cela dort énormément au début (j’avais oublié ce paramètre!) donc finalement j’ai été beaucoup plus disponible que prévu.

Voilà comment nous nous sommes mis en route… Nous sommes encore en rodage mais je sens que tout le monde est entrain de trouver sa place. J’ai relâché la pression et j’ai cessé de marcher sur des œufs avec Mister R. et tout naturellement, il a commencé à s’intéresser à sa petite sœur.

Et là, je meurs d’amour… Il lui remonte sa couverture pour qu’elle n’ai pas froid, il lui caresse doucement la joue quand elle pleure. Parfois, il me demande s’il peut la tenir dans ses bras. Alors je l’installe sur le canapé et je la pose sur lui. Même s’il est parfois maladroit, il est d’une douceur incroyable avec elle. Lorsque je le dépose à l’école pour la sieste, il lui fait toujours un petit bisous sur le front et il me demande de ne pas trop la montrer aux autres enfants. Parce que c’est SA petite sœur ! C’est vrai que c’est un amour de petite fille et je crois qu’il en est fou, juste comme nous ! Je vois dans ses yeux tellement d’amour et de tendresse. Par moment, j’y vois aussi une pointe de tristesse et de jalousie. Ce n’est pas toujours tout beau tout rose non plus. Je sais qu’il voudrait parfois que je la pose pour ne m’occuper que de lui… Que ça l’attriste quand il essaie de me raconter ce qu’il a fait à l’école et qu’elle pleure tellement fort qu’on ne s’entend plus. Il y a des jours où il râle beaucoup et pleure pour un rien. Parfois, il demande qu’on le mouche ou qu’on le porte “comme un bébé”. Ensuite, il nous répète qu’il est encore un bébé lui aussi… Il est heureux et en colère à la fois. Il en a parfaitement le droit, et je le comprends. Alors je lui explique les choses, j’essaie de le rassurer du mieux que je peux. J’essaie de le valoriser dans son rôle de grand-frère et je fais de mon mieux pour lui accorder une attention exclusive, dés que c’est possible.

A côté de ça, j’ai aussi réalisé que j’ai une relation à construire avec ma princesse et qu’il ne faut pas non plus que je la délaisse elle, pour protéger son frère. C’est toute la difficulté je trouve. C’est là qu’il y a un équilibre à trouver. Alors, petit à petit, il apprend à composer avec elle. Il devient plus patient et plus autonome aussi. Il me surprend à faire certaines choses tout seul.

Enfin voilà, ici la vie s’organise à 4, mon petit bonhomme est devenu grand frère ! Lui qui m’a appris à devenir maman. Je suis si fière de lui et ce rôle lui va tellement bien ! Alors oui je sais qu’à un moment donné il y aura des crises, des disputes et des bagarres…

Mais là, ici et maintenant les regarder se découvrir, c’est juste le plus beau spectacle de ma vie !

Désolée d’avoir été si longue, j’ai l’impression que ce billet est un peu en vrac (tout comme ma tête !). Je manque un peu, beaucoup, de sommeil.

Alors zou, je ferme l’ordi et je vous dis à bientôt !

Je vous embrasse !

Eva.

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1 thought on “Et un jour…devenir grand-frère…

  1. Merci pour cet article qui me rassure. Je suis enceinte de bébé 2, prévu pour fin juillet. Mon aînée a 26 mois. Contrairement à ton fils, elle est déjà gaga du bébé sans qu’on ne l’y ait forcée. Elle en parle à tout le monde, lui met des vieilles affaires de côté, le réclame… Bon, à côté de cela, elle est très collée à moi, dort très mal, ne veut plus se coucher, bref, je sens que ça cogite là-haut! J’ai ressenti les mêmes angoisses et la même culpabilité que toi, et là je suis plus zen, probablement grâce à elle. J’espère que la suite sera aussi belle que chez toi!

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