Parentalité / humeur

Crise des deux ans : pleurs, colères, comment gérer le “terrible two” ?

crise des deux ans

II est 7h55, on est méga à la bourre…Petit cœur boit son lait par micro gorgées, essaie de beurrer lui-même sa tartine et refuse catégoriquement mon aide (Nan ! Moi tout seuuul !!!), crie pour avoir une banane, puis explose en sanglot parce qu’il voulait la découper lui-même en petites rondelles ! Puis, pleure parce qu’il veut mettre son manteau (il fait 28°c bordel !!!) et finit par m’achever en voulant mettre ses chaussures tout seul (alors qu’il ne sait pas les mettre !). Voilà voilà, c’est donc ça la fameuse “crise des deux ans“…

L’âge d’or des colères se situe entre 15 mois et 3 ans, il n’y a pas vraiment de règle en la matière… Alors si votre enfant est encore un ange, ne criez pas victoire trop vite !!

Il y a quand même une bonne nouvelle, si j’vous jure ! Les colères et un minimum d’opposition et de négation sont le témoin d’un développement sain et normal. Bon de là à dire que c’est cool, il y a une limite que je ne franchirai pas ! Votre enfant prend conscience de son individualité, de sa personnalité unique. Il réalise qu’il est une personne à part entière qui peut faire ses propres choix. Naturellement, il va chercher à s’opposer à vos décisions pour vous imposer les siennes. Cette “crise des deux ans” une période cruciale pour l’enfant qui est entrain de forger sa personnalité. F. Dodson parle de la première adolescence, un petit avant-goût de la véritable crise d’adolescence qui arrivera entre 13 et 19 ans…

Vous l’aurez compris c’est le moment où jamais d’aller chercher au fond de vous-même des trésors de patience, de compréhension et d’humour !

Vous pouvez apprendre à gérer les crises de colère, mais ce qui est encore mieux, c’est d’arriver à identifier les déclencheurs afin d’éviter leurs apparitions (même si elles sont parfois inévitables).

J’ai pas mal potassé ces derniers temps et voici ce que j’ai appris :

Quelques pistes pour gérer la crise des deux ans :

Comment gérer une grosse colère :

  • Accueillir physiquement et verbalement l’émotion :

Avant l’âge de 6-7 ans, l’immaturité du cortex préfrontal chez les tout-petits ne leur permet pas d’avoir le recul nécessaire pour pouvoir analyser une situation. Lorsque l’enfant est en pleine crise de colère, inutile de chercher à communiquer, inutile de chercher à le calmer. Il ne vous voit pas, il ne vous entend pas. Il est aveuglé par la colère, envahit par une tempête nerveuse qu’il ne peut contrôler et qui lui fait peur.

Tout d’abord, pour l’aider à revenir au calme il faut savoir rester zen soit même afin de ne pas faire monter la mayonnaise !! Pas toujours facile, je vous l’accorde ! Le plus efficace est de contenir physiquement l’enfant et de l’entourer tendrement (essayez de maintenir ses bras assez fermement afin de contenir ses coups). L’enfant va se débattre, lutter quelques secondes puis son corps va se relâcher, se détendre. Faire un câlin à un enfant en pleine colère est souvent la dernière chose à laquelle on pense et pourtant, c’est la meilleure chose à faire !

Ensuite, il faut l’aider à verbaliser sa colère, mettre des mots sur ses émotions : par exemple : « je vois que tu es très en colère, tu voudrais jouer encore un peu mais nous devons partir, c’est difficile de ne pas pouvoir faire ce qu’on veut… ». Votre enfant comprendra alors que ses émotions sont normales.

Si l’enfant essaie de vous mordre ou de vous taper pendant la colère, arrêtez son geste fermement. Abaissez-vous à sa hauteur et expliquez-lui : « ici personne ne tape personne, on ne mord pas non plus ».

Pour décharger la colère on peut par exemple proposer un coussin de la colère. On choisit un coussin spécialement dédié, que l’on place toujours au même endroit. Lorsque vous sentez la colère monter, proposez-le à l’enfant. Il pourra le taper, le mordre, le jeter par terre. L’objectif est vraiment de libérer sa colère. Ne pas hésiter à montrer l’exemple !!

Cela peut aussi être le moment d’introduire quelques livres pour parler ensemble de toutes ces émotions auxquelles il se retrouve confronté.

crise des deux ans

Content, fâché !

crise des deux ans - gérer les émotions

Consultez les commentaires et le prix ici

crise des deux ans - livre pour gérer les colères

Grosse colère

crise des deux ans - livre pour gérer les émotions

Le Livre en Colère !

 

10 idées pour prévenir et diminuer les crises de colères :  

Je vous propose ici 10 pistes de réflexions pour essayer de diminuer la fréquence et l’intensité des colères chez votre enfant (tout en gardant à l’esprit que ces colères sont le témoin d’un développement normal de l’enfant) :

  • 1 – Favoriser l’autonomie :

Le plus souvent c’est l’impossibilité de faire seul qui va déclencher chez l’enfant énervement et frustration. Il le dit, il vous le répète à longueur de journée, il veut faire les choses TOUT SEUL ! Il veut s’habiller, choisir ses vêtements, faire sa toilette, mettre la table, passer le balai. Bref, tout ce qu’il vous voit faire, il veut le faire aussi, mais seul. Si vous vous y opposez, il pleure. Inévitable. C’est épuisant. Je sais.

Cette période de la vie de l’enfant se caractérise par une véritable lutte pour l’autonomie. Même si elle dure des mois, voire des années, force est de constater qu’elle atteint là l’un de ses sommets. L’autonomie est l’un des socles de la philosophie Montessori. C’est une clé précieuse pour aider l’enfant à se construire de manière équilibrée. Il est donc important de mettre à sa disposition un environnement adapté de manière à ce qu’il puisse faire un maximum de choses par lui-même. Vous pouvez lui offrir une petite pelle et une balayette, mettre à sa disposition de la vaisselle, lui donner un petit couteau à bout rond et le laisser couper sa banane… Plus son besoin d’autonomie sera satisfait plus il sera épanoui. Gardez à l’esprit que tout ce que vous lui apprendrez à faire seul aujourd’hui vous fera gagner un temps précieux demain….

Nous n’avons pas toujours le temps de lui apprendre à faire les choses par lui-même. Alors lorsque nous sommes pressés, j’essaie toujours de « donner du rythme », de faire les choses relativement vite tout en lui parlant de quelque chose qui l’intéresse pour focaliser son attention.

  • 2 – Ruser pour interrompre une activité :

L’enfant n’a pas vraiment de notion du temps. Il est dans l’immédiateté. Avant l’âge de deux ans et demi, l’enfant n’a pas vraiment la capacité d’anticiper. Les mots « rentrer », « plus tard », « demain », n’ont aucun sens pour lui. Son plan à lui c’est de continuer à jouer point. Pour interrompre l’activité quand vous êtes au parc par exemple, vous pouvez tenter d’installer une routine de départ, par exemple : finir par un tour de balançoire envoyer un bisou au canard et sortir en marchant sur le petit muret…Lancer une course jusqu’au portail, lui donner les clés de la voiture et lui proposer d’appuyer sur le bouton pour déverrouiller…

  • 3 – L’importance des rituels :

Le rituel c’est LA VIE. Et là vraiment j’insiste, si vous voulez survivre, instaurez des rituels le plus tôt possible. C’est la BASE !

L’enfant de deux ans a besoin de se sentir sécurisé. C’est la première fois de sa vie qu’il ressent autant d’émotions contradictoires et il est (lui aussi) assez inquiet de sa propre intrépidité. Pour se rassurer, il s’attache fortement aux rituels qui rythment sa journée. Ces rituels méritent tout notre respect et toute notre attention. D’une part, ils rassurent l’enfant : malgré ses colères, malgré son agressivité, son petit monde reste toujours le même, tranquille et immuable. D’autre part, les rituels permettent la formation d’un bon compromis. L’enfant est actif, il aime vérifier le bon déroulement du rituel. Le parent, grâce à ce rituel, emmène « facilement » l’enfant là où il le souhaite : au bain, à table, au lit…

  • 4 – Limiter les choix :

Pour éviter les crises, je donne souvent 2 choix (qui me conviennent bien sûr !! Pas folle la guêpe !). Cela permet à l’enfant de se sentir responsabilisé et d’éviter les crises. Les choix restreints leur évitent l’angoisse que peut provoquer une multitude de choix. Le short rouge ou bleu ? En dessert : une banane ou petit suisse ? Cela lui donne également le sentiment d’avoir choisi et lui procure une grande satisfaction… Quand vous lui offrez un choix, vous le faites réfléchir et vous lui offrez un espace de décision personnelle. Néanmoins, il faut bien se dire qu’à deux ans les enfants choisissent au hasard sans trop se poser de question. Il faut donc leur laisser le choix sur des questions qui n’ont pas vraiment d’importance. Inutile de lui faire choisir le programme de l’après-midi par exemple. Il pourrait regretter son propre choix !

  • 5 – L’art de faire diversion :

Je ne suis pas loin de passer pro dans ce domaine. Détourner son attention sur autre chose au moment où il commence à pleurer c’est magique ! Lui proposer une activité, une occupation ou une alternative suffit bien souvent à éviter une crise de colère. Attention le timing est serré. Cela marche en tout début de colère si vous attendez trop cela risque de ne plus marcher !

  • 6 – Transformer le négatif en positif :

L’idée est de lui dire ce qu’il ne peut pas faire, ce qui n’est pas acceptable, puis de lui donner une alternative positive. Par exemple : « il n’est pas permis de taper maman ». En revanche si tu as besoin tu peux taper sur le coussin. Je vois que tu as très envie de jeter des choses, on peut aller dehors et jeter des cailloux… Tu ne peux pas couper les carottes. En revanche, tu peux les mettre dans la casserole.

  • 7- Crise des deux ans : l’atténuer en se rendant plus disponible :

Devant des crises qui se multiplient, il faut aussi se demander si l’on n’a pas récemment passé moins de temps avec son enfant. Dans ses livres, Isabelle Filliozat parle du réservoir d’amour. Si ce réservoir est plein, si on lui a donné suffisamment d’attention, alors l’enfant se sent en sécurité et s’épanouit. Selon elle, consacrer ne serait-ce que 10 minutes par jour de pleine disponibilité à son enfant pourrait garantir des couchers beaucoup plus sereins. Si ces besoins de contacts ne sont pas remplis, ses circuits cérébraux sont en manque. Les enfants, comme les adultes d’ailleurs ont besoin de preuves d’amour. Les câlins chargent l’organisme d’ocytocine, l’hormone du bonheur. Une bonne cure de câlins et un peu plus de temps passé en famille pourraient bien faire diminuer le nombre de crises à la maison.

  • 8 – Impliquer les enfants :

Lorsque l’enfant se retrouve dans un environnement nouveau et riche en sollicitations : le supermarché ou une fête familiale par exemple… La meilleure chose à faire est de lui donner une tâche (dans la mesure de ses possibilités bien sûr, le but étant de l’aider à focaliser son attention). Lorsque l’enfant est stimulé, son cerveau sécrète de la dopamine, une hormone qui diminue le stress, et inhibe les systèmes de la peur et de la colère.

  • 9 – Différence je veux / j’aimerais :

Lorsque l’enfant dit « je veux » cela ne veut pas forcément dire qu’il désire réellement l’objet en question. A cet âge, l’enfant utilise le verbe « vouloir » pour toutes sortes de mots qu’il ne maîtrise pas encore comme : « imaginer », « croire », « penser » … Le plus souvent, l’enfant n’a pas vraiment besoin de ce qu’il demande. Il souhaite simplement que son désir soit reconnu. Cela participe à la construction de son identité. Parfois, le simple fait de discuter de sa demande suffit à le satisfaire. Par exemple, vous pouvez discuter avec lui de ce beau camion rouge et de ce qu’il pourrait bien en faire. Vous pouvez aussi lui proposer de le noter sur une liste d’envies pour son prochain anniversaire. Cela peut suffire à enrayer la crise et vous pourrez voir votre enfant passer à autre chose. J’étais plutôt sceptique mais cela fonctionne pour moi !

  • 10 – Est-ce vraiment important ?

Hier, nous devions déjeuner chez mes parents. C’était dimanche. Nous nous étions levés très tôt. J’avais prévu de prendre un café à l’extérieur et de faire une halte au parc pour que nous puissions jouer un petit moment. Lorsque nous sommes arrivés près de la voiture, mon p’tit cœur s’est mis à ramasser des cailloux… Je lui ai dit qu’il fallait y aller, qu’il fallait se dépêcher 1,2,3 fois et je l’ai pris en poids pour le mettre dans la voiture : il a crisé… Et puis tout à coup je me suis dit “mais pourquoi je m’énerve?” C’est dimanche, on n’est pas en retard… Parfois, j’ai l’impression de m’énerver par reflexe ! Il faudrait simplement se poser la question : « pourquoi je dis cela ? ». Les crises s’atténuent beaucoup lorsque l’on décide de lâcher prise. Evidemment il y a des valeurs qui me tiennent vraiment à cœur, des gestes que je ne tolère pas. Mais franchement il y a des choses sur lesquelles je ne me prends plus du tout la tête. S’il mange son fromage avant son plat cela vaut-il le coup de déclencher une crise, non je m’en tamponne le coquillard !! J’ai choisi mes batailles et du coup je suis beaucoup plus zen… Beaucoup de comportements qui nous énervent disparaissent lorsqu’on les ignore. Le spectacle est fini lorsque le public s’en va

Le mot de la fin :

Je tenais à vous faire partager mon expérience et ce que j’ai appris de mes plus récentes lectures. Evidemment, je décris ici la manière « idéale » de réagir face à certaines situations. Les livres sont pleins de bons conseils et lorsqu’on les lit, bien au calme dans son lit on se dit toujours : “Mais c’est évident, c’est complètement nul de crier sur un enfant en pensant que ça va le calmer !”. Dans la vraie vie, tout n’est pas si simple. Ce qui marche un jour ne marche plus le lendemain. J’ai moi aussi mes jours «sans». Ces jours où je n’ai pas la force de verbaliser ses émotions. Ces jours où j’ai mes propres émotions à gérer et où je n’arrive pas à gérer les siennes. Parfois, je ne peux que lui dire : “Tais-toi !! C’est pas toi qui commande, c’est comme ça ! ». Il m’arrive de devoir lutter contre de vieux réflexes qui sortent je ne sais trop d’où !! Il y a eu cette tape sur les fesses qui est partie toute seule le jour où il m’a mordu la cuisse… Nous sommes HUMAINS. Il m’arrive parfois de crier sur mon fils, puis de lui expliquer qu’il m’a mise très en colère, que ça me rend triste mais que maintenant ça va mieux…

Il n’y a pas de recette miracle en matière d’éducation, il n’y a pas deux enfants identiques, nous ne sommes pas tous des parents identiques. Nous avons tous une histoire, un parcours de vie qui nous est propre. Si vous êtes là et si vous m’avez lue jusqu’au bout c’est que vous cherchez, vous aussi, des réponses et des solutions pour devenir meilleurs et ça c’est vraiment super !! J’espère en tout cas vous avoir apporté quelques pistes de réflexions, n’hésitez pas, si vous en avez envie, à partager votre vécu en commentaires!

Bonne semaine, prenez soin de vous et que la Zénitude soit avec nous tous !

Illustration: Heloïse Weiner, It’s a mum’s life

Sources :

J’ai tout essayé : Isabelle Filliozat, consultez les commentaires et le prix ici :

crise des deux ans - conseils

Au cœur des émotions de l’enfant : Isabelle Filliozat, consultez les commentaires et le prix ici : 

crise des deux ans conseils livres

Pour une enfance heureuse : Catherine Gueguen, consultez les commentaires et le prix ici : 

crise des deux ans conseils livres conseils parentalité

Vivre la pensée Montessori à la maison :  Emmanuelle Opezzo, consultez les commentaires et le prix ici : 

crise des deux ans

 

Tout se joue avant six ans : Fitzhugh Dodson, consultez les commentaires et le prix ici : 

crise des deux ans livres conseils parentalité

 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !
Rejoignez-nous aussi sur facebook et instagram !
RSS
Facebook
Facebook
Pinterest
Pinterest
INSTAGRAM

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *